Questions fréquentes

Peut-on traiter un abcès anal avec seulement des antibiotiques ?

Non, et c’est même déconseillé. Le traitement par antibiotiques seuls, surtout si le malade prend en plus des anti-inflammatoires, n’évite pas la diffusion de l’infection, voire l’apparition d’une gangrène gazeuse potentiellement mortelle. Il faut évacuer l’abcès par une large ouverture. Les antibiotiques ne sont alors nécessaires que si l’infection était importante ou le malade fragile (diabétique par exemple).

La simple incision de l’abcès est-elle un traitement suffisant ?

 

Le drainage de l’abcès par une bonne incision stoppe l’infection. Mais ce geste ne traite pas la cause de l’abcès : la glande qui s’était infectée reste en profondeur et peut à nouveau se réinfecter dans les mois ou années qui suivent si le trajet fistuleux n’a pas été traité dans le même temps par une mise à plat ou un drainage élastique en Séton.

 

Pourquoi les fistules anales récidivent-elles si souvent ?

Dans les services qui ont l’habitude de traiter les suppurations anales, les fistules anales ne récidivent pas dans plus de 2 à 3 % des cas en cas de fistulotomie et de 20% en cas de traitement en 2 temps avec lambeau d’abaissement. La récidive peut être due à une méconnaissance de l’orifice primaire qui n’est pas toujours facile à mettre en évidence, à un défaut de cicatrisation ou à une grande complexité du trajet. Il peut exister également des cas où il n’y a pas réellement de récidive de fistule opérée mais une nouvelle fistule qui se développe à côté de la première. Enfin, il faut se rappeler que toutes les suppurations ne sont pas des fistules anales.

Pourquoi "attrape-t-on" un abcès anal ?

 

Aucune faute d’hygiène, ni erreur alimentaire, ni comportement n’explique l’apparition d’un abcès qui est un accident imprévisible et peut toucher tout le monde. Toutefois certaines maladies digestives favorisent les fistules anales comme la maladie de Crohn.

 

Y a-t-il un risque d’avoir une fistule anale avec les rapports anaux ?

Il n’y a aucun lien entre la pratique de rapports anaux et l’apparition de fistules anales

Sexualité et chirurgie proctologique ?

 

Il n’y a pas de contre-indication pour des rapports sexuels dits « classiques » mais il existe des remaniements inflammatoires de la région pouvant entraîner une gêne, un inconfort ou des douleurs pendant toute la période de cicatrisation qui est de l’ordre de 4 à 6 semaines. En cas de rapport sexuel anal, il est préférable d’attendre 6 à 8 semaines afin que la zone soit parfaitement bien cicatrisée. Si un élastique est en place, en générale pour une durée de 3 mois, il est recommandé d’éviter tout rapport anal afin de ne pas le casser.

 

Une intervention chirurgicale de fistule anale peut-elle rendre incontinent ?

Les risques d’observer une altération de la continence anale existent, mais ils doivent être nuancés. Ils dépendent d’une part de la topographie de la fistule (hauteur du sphincter concerné, complexité de la fistule), d’autre part de la continence anale préexistante à l’intervention (antécédents de chirurgie anale, accouchements difficiles, diarrhée chronique) et enfin, de l’expertise de l’équipe chirurgicale qui vous prend en charge. Les risques ne concernent pas tant la continence aux selles solides, que la continence aux gaz, un suintement anal ou la difficulté à retenir les selles liquides. Ces risques ont été évalués autour de 1 % après une mise à plat en un temps, de 10 % après une mise à plat en deux temps, et probablement assez faibles après la réalisation d’un lambeau d’avancement.