Docteur, dois-je me faire opérer ?

La maladie hémorroïdaire est une maladie bénigne dont les symptômes sont très gênants. Seuls 10% à 15% des patients requièrent un traitement chirurgical. L’objectif du traitement chirurgical est d’obtenir la disparition des manifestations hémorroïdaires tout en préservant la continence anale. Le traitement des hémorroïdes symptomatiques est basé sur une combinaison de trois types de traitements : médical, instrumental et chirurgical. La régularisation du transit est indiquée quelques soient les symptômes hémorroïdaires. Afin de soulager les symptômes aigus, les traitements médicamenteux peuvent être proposés quel que soit le stade anatomique de la maladie hémorroïdaire : ils reposent sur une prescription de courte durée et font appel à une forme orale (médicaments dits veinotoniques, antalgiques simples, anti inflammatoires) et/ou topique (suppositoires, crèmes et pommades).

  

La chirurgie hémorroïdaire a beaucoup évolué ces dernières années en vu de réaliser un traitement très efficace en étant le moins douloureux pour le patient. Les techniques opératoires actuelles reposent sur deux principes différents : Hémorroïdopexie (intervention de LONGO et technique Hal-Doppler RAR) ou Hémorroïdectomie (intervention de Milligan et Morgan). Votre chirurgien proctologue vous conseillera l’une ou l’autre technique en fonction des symptômes et des données de l’examen, chaque patient étant un cas particulier. Les techniques peu douloureuses type Longo ou Hal doppler seront privilégiées. Dans certains cas les trois alternatives sont possibles et la décision est plus facilement prise lors de l’examen sous anesthésie.

Hémorroïdopexie ou intervention de LONGO et technique Hal-Doppler RAR
Ces techniques consistent à repositionner et fixer les hémorroïdes internes dans le canal anal associé à la désartérialisation des paquets hémorroïdaires. L’intervention de LONGO est réalisée depuis 1998. Elle conserve les hémorroïdes mais les réintègre en position physiologique dans le canal anal. Ce repositionnement est possible grâce à la résection circonférentielle d’un bandeau de muqueuse situé au dessus des hémorroïdes sur une hauteur de 15 à 30 mm. Un ré-agrafage circulaire immédiat de la muqueuse et des connexions vasculaires sous jacentes complète le geste. L’absence de plaie opératoire simplifie les suites qui sont moins douloureuses qu’après hémorroïdectomie. Cette intervention ne traite que les hémorroïdes internes. On peut être amené à exciser des hémorroïdes externes résiduelles (marisques). Technique Hal-Doppler RAR : les hémorroïdes sont des coussinets constitués de lacs artérioveineux. Ces coussinets sont irrigués par les artères hémorroïdaires, cible de ce nouveau traitement instrumental de la maladie hémorroïdaire. Le signal doppler permet de repérer ces artères ou artérioles pour les ligaturer et obtenir ainsi une diminution de l’arrivée du sang dans les coussinets hémorroïdaires. L’absence de plaie opératoire simplifie les suites qui sont moins douloureuses qu’après hémorroïdectomie. Cette intervention ne traite que les hémorroïdes internes. On peut être amené à exciser des hémorroïdes externes résiduelles (marisques).
 

Hémorroïdectomie ou intervention de Milligan et Morgan
La technique chirurgicale la plus ancienne est celle de Milligan & Morgan dont la description initiale date de 1937. Elle consiste en une résection des 3 paquets hémorroïdaires avec ligature interne des 3 artères hémorroïdales avec un fil résorbable Cette technique laisse en place 3 plaies « ouvertes » qui cicatrisent naturellement par repousse tissulaire concentrique et par bourgeonnement, en 4 à 6 semaines. On conserve 3 bandes cutanéo-muqueuses (ponts) entre les zones de résection pour permettre la cicatrisation du conduit anal et garantir la persistance d’une sensibilité de l’anus. L’hémorroïdectomie peut être partielle et ne concerner qu’un ou deux paquets hémorroïdaires.