Conseils post-opératoires

 

la reprise d’une vie normale est d’emblée envisageable. Il n’y a pas de soin local particulier et la prise d’antalgiques n’est pas toujours nécessaire. Quelques saignements peuvent persister lors de la défécation pendant les premiers jours, surtout en cas de selles dures. Il faut donc veiller à maintenir un transit facile, avec des laxatifs pris par voie orale pendant deux à trois semaines. Il est fréquent de ressentir des envies pressantes d’évacuer sans être certain qu’il s’agit d’une selle ou d’un gaz et d’évacuer les selles de façon fragmentée. Ces sensations sont très variables d’une personne à l’autre et disparaissent en quelques jours ou semaines. Les agrafes (minuscules) s’éliminent sans que l’on s’en rende compte ou s’incrustent dans la paroi du rectum. Il est possible de les reconnaître sur une radiographie. Elles n’empêchent pas le passage des portiques de sécurité aux aéroports. La durée d’arrêt des activités professionnelles de 1 à 2 semaines est à discuter en consultation préopératoire en tenant compte du cas particulier de chaque patient et de la nature de son travail.

 

Après hémorroïdectomie type Milligan Morgan

 

les douleurs peuvent réapparaître après retour à domicile et il est donc nécessaire d’adapter le traitement antalgique. Si les douleurs persistent, un spasme réflexe peut s’installer qui entrave la cicatrisation et aggrave la douleur. Les soins locaux relèvent essentiellement d’une hygiène par douche ou bain de siège à l’eau savonneuse, matin et soir et après chaque selle. Les antiseptiques locaux n’ont pas d’intérêt particulier. L’utilisation de lingettes non alcoolisées peut aider l’essuyage, le séchage au sèche-cheveux également. L’application d’une crème protectrice, vitaminée ou cicatrisante améliore le confort local. Il est normal que les plaies puissent un peu saigner lors de la défécation ou suinter. Des démangeaisons sont fréquentes, liées à la fois au suintement local et au bourgeonnement de cicatrisation. Il n’y a pas de régime alimentaire particulier à envisager. La prise de laxatifs est poursuivie de façon adaptée jusqu’à cicatrisation (4-6 semaines). La reprise d’une vie normale est possible au bout de 15 jours. La durée d’arrêt des activités professionnelles de 2 à 4 semaines est à discuter en consultation préopératoire en tenant compte du cas particulier de chaque patient, de la nature de son travail et de l’importance de ses hémorroïdes.
 
La surveillance postopératoire porte sur 5 points : le contrôle de la douleur, la reprise d’une capacité à uriner normalement, le saignement, la première selle, les plaies opératoires
 
Le contrôle de la douleur
Un traitement antalgique comportant notamment des anti-inflammatoires, du paracétamol est systématiquement administré pendant les 3 à 5 premiers jours car la douleur est spontanément intense dans les premières heures au décours d’une hémorroïdectomie radicale. Elle est moitié moindre après hémorroïdopexie. Cette douleur est ravivée lors de la première selle après hémorroïdectomie. Ce traitement est complété par des dérivés de la morphine per os ou par voie sous cutanée ou du tramadol en fonction de la douleur résiduelle, notamment à la levée du bloc pudendal.
 
La reprise d’une miction normale
La première miction est souvent difficile ou incomplète (15-30% des cas) en raison d’un spasme réflexe du sphincter vésical. La constitution d’un globe vésical est source de douleurs parfois difficiles à préciser. Un simple sondage évacuateur suffit chez la femme. Chez l’homme, l’administration d’antispasmodique et d’agents alpha 1 bloquant doit être envisagée avant le sondage vésical. Une fois la vessie vidée complètement, la miction reprend normalement. Il est donc important de prévenir ce risque de globe vésical en demandant au patient d’uriner avant le bloc et en évitant de perfuser trop abondamment les patients durant l’intervention et en privilégiant l’anesthésie générale à la rachianesthésie.
 
Le saignement
Un saignement de faible abondance, au niveau des plaies ou lors de la première selle est fréquent et non inquiétant. En revanche, une hémorragie avec émission de caillots peut survenir dans les premières heures ou jours, quelle que soit la technique opératoire Ces complications hémorragiques peuvent survenir au cours des deux premières semaines. En cas d’hémorragie, un tamponnement local peut suffire mais dans moins de 3% des cas il faudra réaliser au bloc opératoire en urgence un geste d’hémostase éventuellement sous une nouvelle anesthésie générale.
 
La première selle
Les laxatifs sont systématiquement poursuivis en postopératoire afin d’obtenir une première selle molle dans les 48 à 72 heures. Les patients appréhendent la première défécation par crainte de la douleur. Si la première selle est facile en cas d’hémorroïdopexie, la douleur est surtout présente en cas d’hémorroïdectomie du fait des plaies opératoires. En cas d’hémorroïdectomie, il est conseillé des prendre des antalgiques avant la première défécation et de ne pas s’enfermer dans les toilettes (risque de malaise vagal). Les selles suivantes sont de moins en moins douloureuses à condition de poursuivre la prise de laxatif afin d’obtenir des selles un peu molles. Les douleurs disparaissent le plus souvent après le cap du 10ème jour.